La petite fille courageuse

Il était une fois une petite fille très très courageuse.
 Elle n’était ni blonde ni rousse ni brune.
Ses cheveux avaient la couleur du jour et ses yeux la couleur de la nuit.

Elle se sentait seule car sans frères ni sœurs, elle ne savait pas se faire d’amis.

Son seul interlocuteur était un chat, un gros matou roux et tendre à qui elle parlait
 et confiait ses secrets tout en le caressant sur ses genoux.
Mais celui-ci tomba malade et elle décida qu’elle devait le sauver.
Pour ce faire, elle enfila ses habits les plus pratiques et partit à l’assaut de la ville
qui s’étalait au bas de son immeuble hautain et solitaire.

La voilà donc partie, menue et décidée à travers les vastes rues polluées de la mégalopole.
Les voitures la frôlaient sans l’ébranler, les passants la bousculaient sans la divertir.
Son but était là, bien ancré en elle et rien d’autre ne comptait.

C’est au croisement d’une rue et d’un passage sans issue
qu’elle tomba nez à nez avec une petite fille ni rousse, ni brune, ni blonde, aux yeux couleur d’azur,
mais dont la toux ébranlait jusqu’aux fenêtres voisines.
Sans plus réfléchir et avant qu’elle ne s’étouffe, elle lui asséna une grande claque dans le dos.
Ce qui lui permit d’évacuer un drôle d’objet qu’elle avait en travers de la gorge.

La petite fille couleur d’azur encore toute meurtrie mais Ô combien soulagée,
 se releva et déplia son corps souple et gracile,
sa bouche se fendit d’un large sourire que ses  dernières larmes firent scintiller.
Reconnaissante, elle ramassa le drôle d’objet, d’une drôle de couleur et de forme incroyable,
le tendit à sa sauveuse : 
« Tiens, prend le, il est pour toi. Tu verras il te servira quand tu en auras besoin. »

Voici donc notre amie la petite fille couleur de jour repartie vers son but.
Son chemin hélas ne fut pas dénué d’obstacles,
 elle dut en effet traverser un fleuve en furie et monter un volcan en irruption.
Devant ces éléments naturels insurmontables, elle se mit à se gratter la tête.
Elle se grattait, se grattait et se grattait encore.
Avec l’objet mystérieux le grattage était encore plus efficace.
Tout à coup, sortit de ce machin un génie vert comme la mer qui accepta de la transporter sur son dos
au-delà de ces obstacles certes naturels mais néanmoins destructeurs.

Seulement voilà, elle ne le savait pas encore, mais elle était sensible à l’altitude.
Alors quand elle passa au dessus du volcan, elle s’évanouit et glissa du dos du génie,
en une chute vertigineuse et tournoyante.
Heureusement un aigle qui passait par là, la récupéra en l’attrapant de ses pattes de rapace acérées.

Cet animal orgueilleux la déposa délicatement au seuil d’une porte à tiroirs.
Quand elle se réveilla, il était clair qu’il fallait qu’elle choisisse un de ces tiroirs
et surtout sans se tromper sous peine de mort.

Elle se décida donc pour le tiroir le plus accessible, celui qui se trouvait à portée de sa main gauche.
Mais qu’elle ne fut pas sa terreur de voir en sortir une horde de chiens de chasse sanguinaires
et assoiffés de vengeance.

Le chef de cette meute n’était autre qu’un nain farceur et vicieux qui ordonna
à ses chiens de la mordiller longtemps et patiemment jusqu’à ce que mort s’en suive.

Alors que la horde de chiens commençait à s’en prendre à ses vêtements.
Elle aperçut venant du ciel, son amie l’Azur sur le dos du génie vert.
Elle fut donc soulevée et transportée une seconde fois dans les airs
, sauvée, elle sauta au cou de ses deux amis.

Cependant même si elle était sauvée, son chat lui continuait à dépérir.
Il fallait absolument y retourner,
mais la porte mystérieuse était maintenant bien gardée par le nain facétieux et sa horde de molosses cannibales.
Qu’à cela ne tienne, le génie magnifique lui fournit une poudre qu’il suffisait de jeter aux yeux de ses ennemis.
Ce qu’elle fit aussitôt.
 Elle eut alors le plaisir de voir se transformer tout ce méchant monde de chiens
en de gentils toutous frétillants et bavants.
Libre à elle maintenant de choisir le bon tiroir de la porte magique.
Hésitante mais décidée, elle se plaça face à la porte et resta un moment tranquille en méditation,
comme en lévitation, elle attendait mais ne savait quoi.
Alors doucement, la porte s’ouvrit et lui laissa libre accès à l’intérieur de cette grande maisonnée.
Charmée et joyeuse, elle y pénétra, suivie de tous ses nouveaux amis, nain et chiens compris.
Et là, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir sur un trône d’or,
 son chat tout en majesté qui l’accueillit sourire aux moustaches.
Elle n’en revenait pas, il était là, joyeux et surtout guéri. Qu’elle merveille !

Ils décidèrent de faire un  grand banquet.
Et pour la première fois mais pas la dernière,
 la petite fille couleur de jour fut entourée d’une tripotée d’amis à jamais fidèles.

NATAÔRI 2012

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×