L'oiseau le chat et ...............


Il était une fois un oiseau vert et bleu.
Cet oiseau vert et bleu était rare, cher et beau.
Son magnifique plumage se rapportait à son ramage,
mais au dessus de ce corps magnifique trônait une tête, hélas, fort petite.
Et comble de malheur, la nature l’avait doté d’une cervelle de poisson avec 7 secondes de mémoire vive.
Cependant, sa majesté et sa grandeur le faisait adorer de tous. Il régnait donc sur un grand peuple de petits oiseaux eux mêmes sans cervelle par fidélité à leur grand, rare et cher bel oiseau vert et bleu.

Un jour pourtant, un jour d’une particulièrement grande lucidité, grande quoique furtive,
 il se rendit compte que quelque chose clochait.
Il lui fallu 6 secondes pour être frappé de cet éclair de lucidité et seulement une pour mettre en place son plan d’attaque.
OUF !
Ce fut court, juste, adéquat mais peut-être pas si approprié que ça.
Que lui manquait-il déjà ?
Mince ! Il l’avait oublié.
Sacrée mémoire va !
Ha ! Mais bon sang ! C’est bien sûr ! la mémoire justement !
Il lui manquait une grande quantité de grains de mémoire.

Il décida donc de réunir tous ses ministres oiseaux et oiselles.
Après de longues heures de conversations à bâtons rompues et oubliés,
il fut décidé qu’Oiseau Verébleu Le Magnifique devait s’envoler du haut de la grande falaise blanche.
Personne  ne l’avait encore fait car ils avaient une fâcheuse tendance  à oublier qu’ils pouvaient voler.
Heureusement, la tribu d’oiseaux comptait parmi ses membres distingués,
un oiseau lyre qui avait échangé sa lyre contre un stylo magique qui prenait note de tout ce qui se disait.
Il était l’oiseau pense bête et sa présence s’avérait essentielle à la réalisation du projet de voyage.
Il fut donc décidé qu’Oiseau Verébleu Le Magnifique serait accompagné dans son épopée par Oiseau Plume.

Par une belle nuit de pleine lune rousse, sur l’extrême bord de la vertigineuse falaise blanche,
 nos 2 oiseaux, pas encore migrateurs, s’apprêtaient, lissaient leurs plumes et peaufinaient leur verbiage.
Ils attendaient des courants ascendants.
Soudain l’appel !!!
L’appel de l’air, l’appel du vide, les voilà qui s’élancent.
Et oui ! C’est au gré des vents, qu’ils partirent visiter les corridors du temps,
le temps suspendu des mémoires ensevelies.

Le vent du nord les déposa d’abord sur une île.
Une île flottante et dérivante, sur laquelle vivait un ours polaire lui-même assez déviant.
Il leur conta les glaces éternelles, la banquise silencieuse et craquante.

Puis le vent d’ouest les transporta, sans les transformer,
sur un continent peuplé de grains de sables tapageurs, de fleurs romanesques et de grillons chantants.
Ce que ce monde leur raconta était une véritable cacophonie de mots et de couleurs mêlés.

Enfin le vent du sud les déposa  au seuil d’une petite  maison  plutôt anodine.
 Sa porte close semblait murmurer des histoires à dormir debout.
Alors, ils s’endormirent enlacés sur le pas de cette mystérieuse demeure.

A leur réveil, une matrone assise sur un fauteuil à bascule pleurait doucement à larmes chaudes et salées.
« Ma bonne Dame, lui demanda l’oiseau vert et bleu, puis-je vous aider à sécher vos larmes ? »
« Oui,  bel aminimal, répondit-elle, mon chat voleur est parti en emportant le robinet du lavabo de mon cœur,
et depuis ça coule, ça coule, ça n’arrête plus, et quand ça ne coule plus, ça goutte, c’est énervant !

« Pour vous aider dans votre quête du matou chapardeur,
je vous donne cette poudre aux yeux magique qui peut soit vous rendre invisible, soit vous transformer. »

Enhardis par la tâche à accomplir, nos deux oiseaux s’envolèrent pour de nouvelles contrées.
Après maints jours de vols et de recherches, ils finirent par apercevoir la cachette secrète du chachapardeur.
Il avait élu domicile chez le chasseur d’oiseaux le plus féroce de l’univers.

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Que faire ?
En quoi se transformer ? En autre visible ? En  invisible ? Ou en nuisible ?
Quel dilemme ?!

Ils décidèrent de se transformer en souris speedys et malines.
Alors imaginez maintenant nos 2 oiseaux souris détalant entre les bottes du fier et cruel chasseur d’oiseau migrateurs.
Bien sur, cette première épreuve fut gagnée haut la main,
d’autant que le cruel n’avait ni ses lunettes ni son sonotone.
Mais….. le CHAT ……!!!!!
Mais bon sang ! C’est bien sur ! Ils avaient oublié la présence du chat ! Quelle erreur !
Vite ! la poudre aux yeux magique.

Dans la précipitation les 2 pauvres bêtes trop bêtes se transformèrent en un ordinateur suffisamment dur et métallique pour que les griffes et les crocs du chat furieusement sanguinaire ne les entamassent en rien.
Voici donc nos deux amis les bêtes oiseaux souris computer à pattes et sans poil qui arrivent sans le vouloir au bout d’un couloir qui se trouve être sans le savoir le bout de leur voyage, un brin surréaliste vous en conviendrez ?!
Cet interminable  couloir lugubre et froid de la mémoire  traverse le temps,
il traverse les temps immémoriaux des circonvolutions du cerveau et de l’Histoire.

Ce fabuleux tunnel intergalacticomémoriel finit enfin par déboucher sur une bulle lumineuse et incandescente placée entre les pattes griffues d’un magnifique et gigantesque félin domestique.
A l’intérieur de cette bulle, devinez quoi ?
Le gentil robinet triste et apaisé somnolait et baillait en attendant que quelqu’un vienne enfin le délivrer de sa prison imaginaire mais dorée.
Que faire ? Que faire mes amis ?
Pauvre oiseau, pauvre souris, pauvre ordinateur. L’un volait, l’autre trottait et le dernier engrangeait l’information.
Que de qualités accumulées lors de ce voyage aux longs courts.
Il devait bien y avoir moyen de trouver une solution magique et rocambolesque.

Bel Oiseauvert mais plus très bleu se jeta sans réfléchir à la tête du gros matou.
Evidemment ce qui devait arriver arriva donc !
Il ne fut pas croqué (hé non !) mais se retrouva par terre assommé, les 4 fers en l’air.

BING !

Heureusement la beloisellyre  et plume s’élança les lèvres en avant vers son oiseau héros
et grâce à un bouche à bouche médicalement assisté par ordinateur,
elle rendit vie et force à son bel et bête adonis vert de gris.

Revigoré, mais toujours aussi tarte, notre bel et fier oiseau se lança à nouveau à l’assaut de la forteresse chat.
A 2 doigts de se faire à nouveau écharper, il s’aperçut que le matou restait de marbre.
OUI ! OUI ! Vous avez bien entendu « marbre », en granit quoi !
Un bête épouvantail en somme !

Il ne resta  plus qu’à faire éclater la  bulle fabuleuse à l’aide de l’épingle à cheveux
qui retenait les plumes apprêtées de l’oisellyre
et le tour fut joué.
Le joli, gentil et mignon petit robinet à sa mémère retourna dans les bras chauds et protecteurs de sa matrone endormie, grande rêveuse devant l’éternel.

Fourbus mais contents nos deux oiseaux transformés consécutivement en souris puis en ordinateur,
enrichis des nouvelles qualités de ces transfo-morphings,
revinrent chez eux enlacés, amoureux et eurent une longue vie
et une longue tripotées d’enfants chapardeurs, calculateurs et rêveurs.

NATAÔRI    5.12

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×